Très vite, je me suis interessé au prêt-à-porter
et j'ai commencé dès mars 88 avec une collection Luxe à laquelle est venue s'ajouter un prêt-à-porter. Celui-ci s'adresse bien sûr à un grand nombre de femmes et c'est dans le métissage des cultures que je puise mon inspiration. De plus en plus, les voyages permettent de mixer sur la silhouette les influences du monde entier. L'allure est vive,
la silhouette précise, la garde-robe étendue à toutes les heures du jour et des circonstances, la structure et l'ornement toujours présents.

On n'a jamais autant prôné aujourd'hui les notions de concept, de cible, de soumission à l'air du temps. J'ai parfois beaucoup de mal à faire comprendre autour de moi que je ne veux pas raisonner sur une femme Christian Lacroix mais sur des femmes, des images, des histoires. Il ne faut pas céder à l'ambiance du moment mais au contraire, voir plus loin, vers la génération suivante qui aura forcément une autre approche du vêtement, de la consommation et du luxe. A force de trop penser à être vu, reconnu, trop vite compris, on se caricature, on se pétrifie, on se fige. Il faut rester soi-même, rester sincère, s'appliquer à être soi-même. Redire sans cesse ses fidélités, ses convictions, toujours aller plus loin dans la création, se frotter aux matières nouvelles mais évoluer avec son temps et le social.

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